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Bilan de mi-année : 92 % des résolutions de janvier sont déjà tombées

Natalia Starikova, Neurocoach Publié le 1 juillet 2026 7 min de lecture Transition professionnelle

C'est juillet. Vous êtes dans le métro, le train ou au bord d'une piscine. Vous ouvrez machinalement l'application Notes de votre téléphone, et vous tombez sur la liste que vous aviez tapée avec tant d'enthousiasme un soir de 31 décembre. Dix résolutions. Peut-être sept. Peut-être cinq. Et en les relisant aujourd'hui, le verdict tombe, sans appel : « rdv sport jamais honoré », « livre jamais ouvert », « formation en ligne jamais commencée », « projet de reconversion jamais attaqué ». Presque tout est resté lettre morte.

Pas de panique. Pas de culpabilité. Cette scène n'a rien d'exceptionnel. Elle est même statistiquement normale.

Selon une étude publiée dans le Journal of Clinical Psychology par l'Université de Scranton (Matthews G., PMID 2980864), seulement 8 % des gens qui prennent des résolutions de Nouvel An atteignent réellement leurs objectifs. Autrement dit : 92 % d'entre nous sommes exactement dans la situation que vous venez de vivre en ouvrant vos notes.

Si vous lisez cet article en juillet et que vous vous sentez en décalage avec vos promesses de janvier, vous n'êtes donc pas seul(e). Vous faites partie des 92 %. Et contrairement à ce que la culture du « willpower de janvier » voudrait nous faire croire, ce n'est pas un défaut moral. C'est un signal que vos objectifs de janvier, tels qu'ils étaient formulés, n'étaient pas alignés avec la personne que vous êtes devenu(e) depuis.

Dans cet article, je vous propose de transformer cet échec apparent en une nouvelle chance. Étonnamment, le mois de juillet est l'un des meilleurs moments de l'année pour reprendre — au bon sens du terme — vos objectifs.

Bienvenue au club (ou la science derrière l'abandon)

Avant de nous juger, prenons un instant pour comprendre. Pourquoi est-ce si difficile de tenir une résolution de janvier ? Trois mécanismes psychologiques bien documentés peuvent l'expliquer.

Le piège du « je veux » vs « je fais »

Le psychologue Peter Gollwitzer, de l'Université NYU, a popularisé dans les années 1990 le concept d'intention-behavior gap — littéralement, le fossé entre l'intention et l'action. Ses recherches montrent qu'une intention vague (« je veux me mettre au sport ») ne produit qu'environ 20 à 30 % de passage à l'action. Pour transformer une intention en comportement réel, il faut ce que Gollwitzer appelle une intention d'implémentation : préciser le quand, le où et le comment.

Concrètement : « je veux me mettre au sport » n'est pas un objectif. C'est un souhait. Tandis que « mardi 18h, salle de sport à 800 m de chez moi, footing 30 minutes, puis 10 minutes de stretching » est un plan. La majorité de vos résolutions de janvier, si vous les relisez honnêtement, sont probablement des souhaits. Et un souhait, même sincère, ne fait pas de marche.

Le coup de la motivation du 1er janvier

Janvier est une période émotionnellement chargée : Noël vient de s'achever, l'année redémarre, l'espoir est palpable. Cette dopamine contextuelle — la sensation d'élan et de renouveau — nous donne l'illusion que l'énergie sera durable. Or, elle ne l'est pas. Dès février, lorsque l'environnement retrouve sa densité ordinaire (réunions, dossier, enfants, transports), la motivation du 1er janvier s'évapore. Non pas parce que vous manquiez de volonté, mais parce que la motivation émotionnelle est par nature éphémère. Elle est un démarreur, pas un carburant.

L'effet « all or nothing » (tout ou rien)

Le troisième mécanisme est plus insidieux. C'est ce que les psychologues Amy Wrzesniewski et Barry Schwartz appellent la pensée binaire de l'objectif : soit on réussit tout, soit on a tout raté. Le problème : la vie, par essence, ne fonctionne pas en binaire. Si vous avez fait 12 séances de sport sur 24 prévues, votre cerveau binaire vous dira « c'est raté ». Alors qu'en réalité, vous avez fait cinquante pour cent, et c'est considérable.

C'est ici que réside le mensonge cognitif le plus coûteux : croire que « rattraper » une résolution non tenue équivaut à « échouer ». Non. Rattraper, c'est ajuster. Et ajuster, c'est diriger.

📚 Référence : Matthews G. (2015), Study of New Year's Resolutions, University of Scranton, Journal of Clinical Psychology, PMID 2980864 — pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/2980864.


Mi-juillet : la fenêtre stratégique que personne ne remarque

Si 92 % abandonnent en mars, c'est également parce qu'ils ont pris leurs résolutions au pire moment de l'année pour les tenir. Janvier est dense, pressé, socialement exigeant. Juillet, à l'inverse, est une saison radicalement différente.

Les vacances arrivent — et avec elles, l'espace mental

L'été offre ce que janvier ne peut pas offrir : du silence, du temps sans échéance professionnelle, et un espace mental vide. Or, c'est précisément dans cet espace que les grandes décisions de vie émergent. Sans agenda. Sans notifications. Sans réunions zoomées à 9h du matin.

Pourquoi juillet est meilleur que janvier

Janvier est pollué par la comparaison sociale : « tout le monde fait des résolutions », « mon collègue s'est inscrit à un marathon », « ma meilleure amie a lancé son entreprise ». Juillet, lui, est vierge de cette injonction. Personne ne vous demande ce que vous « prévoyez » pour l'année. Et c'est précisément cette absence de pression qui permet une rencontre authentique avec vous-même.

En juillet, vous pouvez prendre vos résolutions non pas comme une obligation sociale, mais comme une conversation privée entre vous et vous-même.

Neuroscience : en vacances, votre « réseau par défaut » s'active

Les neurosciences de l'Andrews-Hanna et al. (2014) ont documenté un fait fascinant : notre cerveau possède un « réseau par défaut » (Default Mode Network, ou DMN) qui s'active lorsque nous ne sommes pas en train de résoudre une tâche précise — lorsque nous marchons, prenons une douche, ou restons assis sans téléphone en main. C'est dans cet état que le cerveau fait émerger la créativité, les connexions lointaines, et les idées nouvelles.

Autrement dit : les vacances ne sont pas un « vide ». Elles sont le moment où votre cerveau vous parle enfin. Et l'une des conversations les plus importantes de votre année — celle sur votre direction professionnelle ou personnelle — peut précisément y émerger.


Et si vous faisiez justement partie des 8 %… cette fois-ci ?

Voilà le cœur de cet article. Et je veux vous le dire avec beaucoup de douceur, mais aussi avec une dose de challenge amical : cet échec apparent est en réalité une porte d'entrée.

Vous n'avez pas échoué : vous avez DÉCOUVERT quelque chose

Abandonner n'est pas une défaite. C'est une information. Une information sur ce qui ne vous fait plus vibrer. Sur ce qui ne correspond plus à votre vie actuelle. Sur ce que vous pensiez vouloir en décembre, mais qui n'était pas, en juillet, le vrai sujet. Cette information est précieuse : elle vous dit où concentrer votre énergie pour les six prochains mois.

Les résolutions de janvier étaient les objectifs d'une autre version de vous

Cela peut paraître vertigineux, mais entre janvier et juillet, vous avez changé. Une promotion, une naissance, une lecture, une discussion, un licenciement, une rencontre — quelque chose s'est passé qui a déplacé votre centre de gravité. Et c'est normal. C'est sain. Les personnes qui réussissent ne sont pas celles qui ont une trajectoire linéaire : ce sont celles qui acceptent que leur trajectoire bifurque.

Les 8 % qui réussissent : ce qui les distingue vraiment

Et voici la vraie question : que font les 8 % qui réussissent, que les 92 % ne font pas ? Trois choses, identifiées de manière convergente dans la littérature en management de la performance :

(a) Ils acceptent de réajuster en cours d'année — non pas abandonner, mais se réinterroger. Faire un point d'étape. Et c'est précisément ce que vous êtes en train de faire en lisant cet article.

(b) Ils s'autorisent à changer d'avis — une résolution qui ne vous parle plus en avril est une information, pas un échec. Les 8 % sont ceux qui acceptent de pivoter sans se raconter qu'ils « ont échoué ».

(c) Ils se font accompagner — un coach, un mentor, un partenaire. Pas pour être « motivés » de l'extérieur, mais pour avoir un miroir fiable dans les moments où la motivation intérieure vacille.

Autrement dit : les 8 % ne sont pas plus doués, plus forts ou plus chanceux. Ils sont simplement plus souples. Et cette souplesse, en juillet, vous pouvez la décider.


5 étapes pour transformer l'échec en essai n°2

Maintenant que vous comprenez pourquoi vos résolutions ont glissé, voici la méthode concrète pour rattraper la barre — non pas avec culpabilité, mais avec maturité. Cinq étapes. Une seule séance suffit pour les amorcer.

  1. Célébrez ce que vous avez accompli (même 5 %) — Avant toute chose, listez trois choses que vous avez effectivement accomplies depuis janvier, même petites. Pratiquer l'auto-reconnaissance avant le reproche est essentiel : votre cerveau a besoin de croire qu'il peut, avant de croire qu'il doit.
  2. Faites l'inventaire des leçons — Pour chacune de vos résolutions de janvier, répondez avec honnêteté à trois questions : Qu'est-ce qui a marché ? Qu'est-ce qui a coincé ? Et surtout : est-ce que cela m'importe encore aujourd'hui ? Cette dernière question est la plus inconfortable, et la plus utile.
  3. Renommez vos objectifs (la reformulation émotionnelle) — Remplacez « perdre 5 kg » par « me sentir en forme dans mon corps ». Remplacez « lancer mon activité » par « reprendre contact avec mon projet de cœur ». La formulation émotionnelle (vs chiffrée) crée un moteur intérieur qui résiste aux creux de la motivation.
  4. Choisissez UN SEUL objectif (la règle du 1) — L'auteur britannique Mark Forster, dans Do It Tomorrow and Other Secrets of Time Management, documente la « règle du 1 » : une seule priorité claire, sur laquelle tout le reste se réorganise. Vouloir dix objectifs en parallèle, c'est mécaniquement échouer sur les dix. Une seule cible. Et tout l'élan disponible pour elle.
  5. Créez un cadre de soutien — Un coach de transition, un mentor, un ami qui vous demande chaque semaine où vous en êtes. Ne restez pas seul(e) face à votre objectif : la solitude face à une intention non tenue est le premier facteur d'abandon.

Défi 7 jours : passez du « j'aurais dû » au « je peux encore »

Si vous souhaitez mettre en pratique dès aujourd'hui, voici un micro-protocole en sept jours que je propose régulièrement à mes clients en juillet.

  1. Relire mes trois résolutions de janvier, sans jugement.
  2. En cocher UNE seule — la plus vitale, celle qui m'empêche de dormir si elle n'est pas en marche.
  3. La réécrire au présent, avec une émotion : « je choisis de ___ parce que ___ ».
  4. La dire à voix haute, à une personne de confiance.
  5. La découper en trois micro-pas de moins de 30 minutes chacun.
  6. M'engager à faire le premier micro-pas dans les 48 heures.
  7. Célébrer ce premier pas, peu importe sa taille, et décider de sa suite.

« Quand j'accompagne un client qui arrive en juillet avec l'impression d'avoir échoué, je lui pose toujours la même question : De quel droit estimez-vous que votre trajectoire devait être linéaire ? Une vie réussie est une vie qui sait bifurquer. Les 92 % qui "échouent" ne sont pas des échecs : ce sont des redirections en cours. »

— Natalia Starikova, Neurocoach certifiée en transition de vie


Conclusion : votre année n'est pas perdue — elle redémarre

Reprenons les chiffres, sans culpabilité. 92 % des gens qui prennent des résolutions de Nouvel An échouent à les tenir. Vous n'êtes pas dans un club d'indignes : vous êtes dans le club des humains, en train de vivre une transition.

Mais — et c'est là que tout se joue — les 8 % qui réussissent ne sont pas ceux qui s'acharnent en janvier suivant. Ce sont ceux qui, en cours d'année, acceptent de faire le point. Qui acceptent de pivoter. Qui acceptent d'être accompagnés.

Juillet est, statistiquement et neuroscientifiquement, le meilleur moment pour décider de votre deuxième essai. Vous avez quatre semaines avant la rentrée : quatre semaines pour transformer cet essai raté en transition choisie. Et vous êtes, à ce moment précis de la lecture, déjà engagé(e) dans cette transformation.

Vous n'avez pas raté votre année. Vous êtes arrivé(e) au moment où elle peut vraiment commencer.


Et si vous faisiez justement partie des 8 %… cette fois-ci ?

Je vous propose un temps d'échange découverte (30 minutes, offert) pour :

  • clarifier où vous en êtes vraiment,
  • identifier si l'une de vos résolutions mérite un essai n°2,
  • définir un premier micro-pas concret.
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Natalia Starikova

NEUROCOACH CERTIFIÉE EN TRANSITION DE VIE

Depuis plus de 11 ans, Natalia accompagne les cadres, managers, non-cadres, expatriés et personnes en quête de sens grâce à une approche unique qui allie neurosciences, transition de vie, bilan de compétences et santé mentale.

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